Liberer-lame-de-ses-blessures

 

 

Chaque jour ressemble à un autre, 

Je pense aux otages restés en captivité

aux prisonniers dans leurs prisons,

aux malades dans leurs lits,

aux anciens dans leurs maisons

aux animaux enfermés dans le zoo

aux oiseaux dans les cages

aux volailles entassées les unes sur les autres

 

Chaque jour ressemble à un autre,

Arrêt sur image

comme l'oiseau en plein vole 

visé par le chasseur!

 

 

Je me ressens dans mon lit

un jour de février où l'on ouvrit mon cœur

seule, en vie, mais seule..

Chaque jour ressemblant à un autre,

 

Ici , plus de  bruits  humains,

ni de machines..

Aujourd'hui ressemble à hier,

et demain qui sera t-il ?

Il sera répété pendant des jours

que sait- on de la fin ?

Que sait- on du jour  de sortie ?

Je ne souffre pas,

j'observe, ce qui se passe en moi

à défaut de regarder ce qui  se passe dans le monde.

 

 

Chaque jour ressemble à un autre

et pourtant ce matin

je décide d'honorer la vie.

Après les ablutions du matin,

je maquille mon visage

ridé par le temps,

je coiffe mes cheveux gris

qui gardent leur beauté.

J'enfile un chemisier aux coloris chatoyants.

C'est l'anniversaire de ma petite fille

et je ne pourrai pas l'embrasser

mais je fête ce jour dans mon cœur.

c'est la fête de la vie, de la continuité

de mon sang qui coule aussi dans ses veines.

 

 

Dans ce présent, j'offre au Tout

ma vie, ma foi,

et je loue le Très haut

de ce qu'il me donne sans cesse.

Je loue le Très haut , qui veille

sur nous jour et nuit

Je lui offre ces jours de confinement

Je lui offre chacun de mes proches

Je lui offre les médecins, les infirmières

pour qu'il leur donne la force.

Je lui offre ce monde tel que nous l'avons fait.

 

 

Gratitude pour cette vie,

qui ne s'est pas arrêtée  un 22 février.

de tout ce temps qu 'il pose

dans mes mains et mon cœur

pour que je lâche mes défauts,

mes impatiences,  mes rancunes,

de tout ce temps  pour aimer mes amours

de tout ce temps, chaque seconde,

pour reconnaître qu' Il m'habite

que je pulse à son rythme,

amoureusement,

inlassablement,

dans ce corps ou dans un autre

inexorablement

la vie ne  s' arréte pas .

 

A genoux Seigneur de l'Univers

je me prosterne.

 

Mireille Bertrand